Le maire de Saint-André et président de l'Union démocratique pour Saint-André (UDSA), Joé Bédier, a publié ce lundi un communiqué dans lequel il demande des éclaircissements sur le déplacement à La Réunion du député du Rassemblement national Yoann Gillet.
D'après ce communiqué, la visite s'inscrit dans le cadre d'une mission parlementaire destinée à préparer un rapport sur la situation du territoire, avant l'examen du projet de loi de finances. Joé Bédier dit reconnaître la légitimité de cette mission, mais juge que « plusieurs publications diffusées ces derniers jours soulèvent des interrogations ». Il cite notamment la tenue de réunions avec des militants et sympathisants du Rassemblement national, en présence de Laurent Virapoullé, en marge des séquences institutionnelles.
L'élu demande que soit clairement établie la frontière entre ce qui relève d'une mission parlementaire financée sur fonds publics et ce qui ressort de l'activité d'un parti politique. Il juge que « les Réunionnais sont en droit de savoir » si les moyens mobilisés ont bien été consacrés exclusivement à l'exercice du mandat.
Le communiqué évoque aussi la récente condamnation du Rassemblement national dans une affaire d'utilisation de fonds publics européens, tout en précisant qu'il « n'établit pas de parallèle avec la mission en cours à La Réunion ». Cette affaire renforce selon Bédier l'exigence d'exemplarité dans l'usage des moyens publics.
Le maire de Saint-André conclut que les missions parlementaires doivent rester « exclusivement au service de l'intérêt général » et ne pas se confondre avec des opérations de communication ou de mobilisation politique à l'approche des échéances électorales de 2027. Il appelle les organisateurs du déplacement à « lever toute ambiguïté ».


4 commentaires
Franchement tout ça lé prévisible à deux ans des élections.
La question est légitime. Une mission parlementaire est financée sur budget public, les frais de déplacement, d'hébergement, les indemnités, tout ça est traçable. Si une partie du séjour a servi à des réunions militantes, la distinction comptable entre mandat et activité partisane devient effectivement floue. Ce n'est pas une question politique, c'est une question de ventilation des charges.
Quand la mer est trouble, on attend que l'eau se calme avant de lancer le filet. Bédier a raison de demander des clarifications, mais on verra si quelqu'un répond vraiment. À La Réunion, les explications arrivent souvent après que la saison soit passée.
On parle de fonds publics utilisés pour quoi exactement, c'est ça la question. Nous sur les marchés on rend des comptes sur chaque subvention qu'on touche, chaque aide à la conversion bio, y'a des justificatifs à fournir. Pourquoi ce serait différent pour une mission parlementaire ?