La grève chez Derichebourg-OI n'a pas trouvé d'issue ce vendredi. Les salariés, en arrêt de travail depuis le lundi 13 juillet, n'ont pas pu rencontrer le directeur du site, actuellement dans l'Hexagone. La réunion prévue dans l'après-midi a été rejetée par les grévistes : l'horaire proposé, 16h heure de La Réunion, était jugé incompatible avec leurs conditions de travail. Les agents prennent leur poste autour de 1h du matin et ont estimé qu'une discussion aussi tardive rendait toute négociation sérieuse impossible.
Le mouvement est donc reconduit. Les salariés retourneront sur le site samedi matin, journée de récupération du jour férié de la semaine. Des échanges pourraient avoir lieu dans la journée, mais les représentants des salariés estiment qu'une reprise des négociations n'interviendra pas avant lundi.
Au cœur du conflit, la question des primes. Depuis le début du mouvement, les agents dénoncent un déficit de dialogue social dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Hubert Alastor, agent de maîtrise et délégué syndical CFDT, avait indiqué jeudi que les salariés réclamaient un geste financier après plusieurs années sans augmentation. Ils évoquent une demande liée au partage de la valeur, sans être attachés à l'intitulé exact, qu'il s'agisse d'une prime exceptionnelle ou d'une prime de partage de la valeur. Certaines avancées ont déjà été obtenues, mais aucun accord global n'a été conclu.
Sur le terrain, les conséquences restent visibles. Les collectes de déchets demeurent perturbées à Saint-Pierre et à Petite-Île, communes où Derichebourg-OI assure le ramassage. Certaines tournées à Saint-Joseph sont également affectées. Des intérimaires ont été recrutés pour pallier les absences pour maladie ou congé.
La Civis a indiqué suivre l'évolution de la situation et prévoit des opérations de rattrapage dès que possible. Un service minimum peut être activé pour limiter les nuisances pour les habitants. Les grévistes disent avoir conscience des difficultés causées à la population et ont présenté leurs excuses aux usagers touchés, tout en affirmant leur intention de poursuivre le mouvement tant que la direction n'apportera pas de réponse satisfaisante.


7 commentaires
@JeanFrak, le management à distance ça pose vraiment problème dans ce genre de crise. Un directeur en métropole qui propose une réunion à 16h pour des gars qui bossent à 1h du mat, c'est une erreur de comm basique. Même sur les réseaux on sait que le timing d'un message peut tout changer, là c'est pareil. La CFDT a bien joué en refusant, ça met la pression sur la direction sans qu'ils perdent la face auprès des usagers.
A Saint-Jo on est habitués à se débrouiller, mais les poubelles qui débordent c'est pas pareil que les filets qui restent vides. Ça finit toujours par se régler, les grèves comme les mauvaises saisons. La direction va céder un peu, les gars vont reprendre, et dans six mois on recommence.
La question du partage de la valeur est au coeur de beaucoup de conflits sociaux en ce moment, et Derichebourg-OI ne fait pas exception. Ce qui est intéressant ici c'est que les salariés ne réclament pas un intitulé précis, prime exceptionnelle ou prime de partage de la valeur, ce qui montre une certaine souplesse dans la revendication. La vraie question c'est de savoir si la direction a réellement les marges de manoeuvre pour répondre, ou si le blocage vient d'une décision prise au niveau du groupe en métropole. Dans ce cas, le directeur local ne peut pas grand chose, et ça change complètement la lecture du conflit.
Ces agents méritent une réponse claire, lé pa fasil de bosser depuis des années sans augmentation. Faut que la direction se bouge avant lundi !
Rejeter une réunion à 16h parce que c'est trop tard vu leurs horaires, c'est logique et bien joué comme argument. La direction savait très bien que ça passerait pas, proposer ça c'est pas négocier de bonne foi, c'est just faire semblant. Les grévistes ont bien lu le game.
Les poubelles qui s'accumulent à Saint-Pierre par cette chaleur c'est vraiment pas top. On comprend les gars qui bossent à 1h du mat pour pas grand chose, mais les usagers ils subissent aussi. Respect pour les excuses publiques, c'est rare.
Ce qui me frappe dans ce conflit c'est surtout le problème structurel de gouvernance à distance. Un directeur dans l'Hexagone qui ne peut pas se libérer pour une réunion à une heure décente avec des agents qui commencent à 1h du matin, ça en dit long sur la façon dont ces entreprises de services pensent leur management sur les territoires ultramarins. La Réunion n'est pas une succursale qu'on gère par écran interposé.