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Soficoop : vingt-sept mois de procédure pour une sortie encore incertaine

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Soficoop : vingt-sept mois de procédure pour une sortie encore incertaine

Avenir de Soficoop : une procédure judiciaire interminable devenue bataille de gouvernance au sein de l'Urcoopa - Crédit Zinfos974 - Société


L'audience prévue le 10 juin devant le tribunal mixte de commerce de La Réunion devrait être renvoyée à juillet, selon nos informations. Ce report porterait à vingt-sept mois la durée d'une procédure collective dont plusieurs acteurs contestent désormais jusqu'à la nécessité.

Trois scénarios restent sur la table. L'Urcoopa défend un plan de continuation. Terracoop, récemment exclue de l'Union, revient dans le jeu avec la Sicalait — elle-même écartée du conseil d'administration — pour proposer une offre alternative remaniée. Et la direction actuelle de Soficoop a déposé une troisième voie : une requête en extinction du passif exigible, qui permettrait de sortir de la procédure sans plan de redressement. La position que retiendra le mandataire judiciaire, Me Hirou, reste inconnue à ce stade.

Pour comprendre comment ce dossier en est arrivé là, il faut remonter à 2017. Le protocole UFA est alors négocié avec Duchemann & Grondin dans un contexte de pertes lourdes sur la filière avicole réunionnaise — « de l'ordre de cinq à six millions d'euros par an », selon les mots employés à l'époque par Jérôme Gonthier, alors président de l'Urcoopa. Les procès-verbaux internes consultés par notre rédaction montrent que les risques du montage sont identifiés dès le départ. Pascal Quineau, représentant de la CANE, émet des réserves. Henri Lebon, président de la CPPR, tranche d'une formule restée dans les archives : « Soit on part gagnant avec Cédric Duchemann, soit on perd seul. » Le protocole est validé.

Pendant plusieurs années, aucune contestation majeure n'apparaît dans les documents internes. Les comptes sont certifiés. Les commissaires aux comptes ne déclenchent aucune procédure d'alerte. Le pôle avicole est décrit comme en redressement progressif.

Le basculement intervient en juillet 2023, quand Soficoop saisit le président du tribunal pour obtenir la désignation d'un mandataire ad hoc. Le document signé par l'ancien directeur général Philippe Puissegur précise alors que la société n'est pas en cessation des paiements, que son passif exigible est inférieur à son actif disponible, et qu'elle dégage une exploitation bénéficiaire. Les risques évoqués sont présentés comme hypothétiques, principalement liés aux effets futurs du protocole de 2017. La sauvegarde est ouverte le 17 avril 2024. Le rapport du commissaire aux comptes de 2024, disponible en ligne, indique qu'elle figure dans les annexes comptables comme une procédure engagée « pour des raisons techniques » et qualifiée de « volontaire ».

Au fil des mois, le risque financier remonte vers l'Urcoopa elle-même. Les administrateurs évoquent des conventions de trésorerie croisées, des avances inter-sociétés et un compte courant débiteur dont le remboursement, selon les termes d'un conseil d'administration, « pourrait ne jamais intervenir compte tenu de la procédure en cours ». Le schéma validé lors du conseil du 20 juin 2025 repose sur 17,2 millions d'euros d'apports et 15 millions d'euros d'endettement supplémentaire — une redistribution du risque dans l'ensemble du système coopératif, pas une résolution du problème. Les comptes 2025 ne sont pas encore disponibles.

Comment un protocole présenté pendant des années comme l'unique issue pour la filière avicole est-il devenu la principale justification d'une procédure dont certains acteurs contestent aujourd'hui la nécessité même ? C'est autour de cette question que se joue, au fond, l'audience à venir — et peut-être l'avenir du groupe Urcoopa.

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Mots clés : Volaille URCOOPA Terracoop

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