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Importations françaises : le Moyen-Orient remplacé par l'Afrique et les États-Unis

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Importations françaises : le Moyen-Orient remplacé par l'Afrique et les États-Unis

Guerre au Moyen-Orient, détroit d’Ormuz… comment le commerce français arrive-t-il à s’adapter à la crise ? - Crédit Zinfos974 - International


Les importations françaises en provenance du Proche et Moyen-Orient ont été divisées par plus de deux en un seul mois. Selon les statistiques publiées le 5 juin par la Direction générale des douanes, elles reculent de 700 millions d'euros en avril, après une progression de 500 millions en mars. Un retournement brutal, directement lié aux perturbations qui frappent les routes maritimes autour du détroit d'Ormuz depuis l'intensification du conflit dans la région.

Pourtant, les flux commerciaux ne s'effondrent pas. Ils se déplacent. Les Douanes le précisent explicitement : les approvisionnements énergétiques en provenance des pays du Golfe ont été compensés par des achats réalisés aux États-Unis et dans plusieurs pays africains. L'Angola et l'Algérie affichent une hausse notable des livraisons de pétrole et d'hydrocarbures vers la France. Côté asiatique, les importations progressent de 0,7 milliard d'euros, tirées par la Chine, Hong Kong et la Corée du Sud — tandis que celles issues du Proche et Moyen-Orient chutent du même montant.

Ce mécanisme de substitution est bien documenté. Quand une route commerciale devient incertaine, les entreprises cherchent des alternatives, quitte à allonger les délais ou à absorber des surcoûts logistiques. Le conflit agit ici comme un révélateur de dépendances géographiques que les périodes de stabilité tendent à masquer.

Sur l'ensemble du mois d'avril, le déficit commercial français s'améliore malgré tout. Il passe de 6,4 à 5,6 milliards d'euros, porté par une forte progression des exportations, notamment dans les matériels de transport aéronautiques. Les Douanes nuancent toutefois ce résultat : les premiers effets du conflit sont désormais lisibles dans les chiffres.

Pour La Réunion, la question prend une dimension particulière. L'île dépend quasi exclusivement du transport maritime pour son approvisionnement en carburants, produits alimentaires et équipements. Toute tension sur les routes maritimes mondiales, toute hausse du prix du pétrole, se répercute directement sur le coût du fret et, in fine, sur les prix à la consommation. À plus de 9 000 kilomètres de la métropole, le territoire ne maîtrise aucun des paramètres qui conditionnent la régularité de ses approvisionnements.

Les chiffres d'avril restent pour l'heure contenus. Mais les Douanes le reconnaissent : ce qui n'était encore qu'une menace abstraite commence à laisser des traces concrètes dans les statistiques du commerce extérieur français.

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