Depuis trois semaines, une soixantaine de salariés en insertion de l'association Nayma s'activent dans les forêts départementales de M'tsamboro et de Sohoa, à Mayotte. Balisage des périmètres, déblaiement des sous-bois, création de sentiers, aménagement de zones coupe-feu : le chantier, prévu sur plusieurs mois, est aussi vaste que le terrain l'impose.
Le cyclone Chido a laissé des traces durables. Sous le couvert végétal, les embâcles s'accumulent, les lianes ont envahi les accès, les arbres tombés bloquent les passages. « Sur le terrain, nous devons enlever les lianes, couper les arbres tombés, évacuer les branches et dégager les accès », résume Mari Yahaya, coordinateur de l'association. Un travail physique et exigeant, qui demande à la fois rigueur et savoir-faire.
Les salariés, gilets orange et gants de protection, ont pour la plupart entre 18 et 30 ans. Certains apprennent à manier la tronçonneuse ou la débroussailleuse — des compétences concrètes, directement transférables vers le marché du travail. C'est le modèle que Nayma défend depuis sa création en 2020 : des Ateliers et Chantiers d'Insertion (ACI) qui allient utilité environnementale et réinsertion professionnelle. Les publics accueillis sont variés — jeunes en difficulté, demandeurs d'emploi de longue durée, parents isolés, personnes en situation de précarité — et viennent de quartiers éloignés comme Ouangani, Koungou ou Kawéni.
L'association compte aujourd'hui plus de 168 salariés, permanents et personnes en insertion confondus. Leur rémunération, au SMIC horaire, est financée par la DEETS. « Ce type de chantier apporte beaucoup de satisfaction. Jour après jour, ils se forment, voient le résultat de leur travail et comprennent qu'ils apportent quelque chose à la société », dit Mari Yahaya, avant d'ajouter : « Cela est beaucoup plus gratifiant que de rester chez soi à ne rien faire ».
Au-delà des forêts, Nayma intervient sur les mangroves et les rivières, et propose un accompagnement socio-professionnel complet : suivi administratif, aide à la construction d'un projet professionnel, actions éducatives, et un dispositif destiné à faciliter la scolarisation des enfants non inscrits dans les établissements publics. L'association cherche désormais des financements supplémentaires pour pérenniser ses activités. « Nous répondons à des marchés publics et essayons d'avancer petit à petit, mais cela n'aboutit pas encore. Nous faisons donc appel à tous ceux qui peuvent nous aider », indique le coordinateur.


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