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Brink's Mayotte : les premières suites concrètes du rapport RPS

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Brink's Mayotte : les premières suites concrètes du rapport RPS

La Brink’s veut s'attaquer aux non-conformités de son site de Mayotte, selon la CFTC - Crédit Zinfos974 - Social


La direction régionale de la Brink's a commencé à appliquer certaines recommandations du rapport d'évaluation des risques psychosociaux concernant son site de Mamoudzou. L'information a été confirmée jeudi 28 mai par David Balthazar, délégué CFTC de l'entreprise, à l'issue d'un comité social et économique extraordinaire tenu au siège du Chaudron, à Saint-Denis de La Réunion.

Ce CSE avait été convoqué spécifiquement pour la présentation du rapport du cabinet AMY Conseil OI, mandaté pour évaluer les conditions de travail sur le site mahorais. Parmi les premières mesures engagées figure la réalisation des entretiens annuels des salariés, qui refusaient jusqu'ici d'y participer par crainte de représailles de leur hiérarchie, selon le syndicaliste.

Le rassemblement devant les locaux de la Brink's était clairsemé ce matin-là. La CFTC avait pourtant appelé au soutien, en réaction à une sixième procédure de licenciement visant David Balthazar lui-même — celui qui avait publiquement dénoncé les conditions de travail de ses collègues à Mayotte. Avant d'entrer en séance, il a aussi signalé le licenciement d'un salarié réunionnais qu'il dit avoir été victime de gestes menaçants de la part de sa hiérarchie.

Nicolas Damour, délégué syndical CFDT chez Réunival — société concurrente dans le transport de fonds — avait rejoint le rassemblement. Il pointe des manquements similaires dans sa propre entreprise, notamment sur les règles élémentaires de sécurité. Sa présence rappelait, sans qu'il soit besoin de le formuler, que les tensions sociales dans le secteur du convoyage de fonds à La Réunion ne se limitent pas au seul cas de la Brink's.

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9 commentaires

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B
Bichik 29/05/2026 à 10:00

Six procédures contre le même salarié, et le rassemblement était clairsemé. Les gens ont peur, ou ils ne savent plus trop si ça sert à quelque chose de se déplacer.

R
Rafiki 29/05/2026 à 09:36

Je suis souvent en forêt, loin des bureaux et des CSE extraordinaires, mais quand je rentre et que je lis des articles comme celui-là, ça remet les pieds sur terre. On parle de gens qui refusaient leurs entretiens annuels par peur de leur chef, ça dit quelque chose sur le climat qu'on peut laisser s'installer dans une entreprise. Et Mayotte en plus, un territoire qui souffre déjà de tellement de difficultés. J'espère que ces premières mesures sont un vrai début, pas juste un geste pour calmer le rapport.

F
Fifi430 29/05/2026 à 08:59

@Anaëlle, pour répondre à votre question : un rapport RPS commandé par l'employeur ou résultant d'une expertise diligentée par le CSE n'a pas de valeur contraignante au sens strict. L'employeur a une obligation de résultat en matière de prévention des risques psychosociaux, issue de l'article L.4121-1 du Code du travail, mais les recommandations d'un cabinet externe ne constituent pas des injonctions juridiquement opposables. Ce qui crée une obligation, c'est l'identification formelle d'un danger grave et imminent, ou une mise en demeure de l'inspection du travail. La direction peut donc, en l'état, appliquer sélectivement ce qui l'arrange, ce qui rend le rôle des délégués syndicaux d'autant plus crucial pour maintenir une pression documentée.

Z
Zilo 29/05/2026 à 08:35

Six procédures de licenciement contre un seul délégué syndical, c'est presque un bug de gouvernance à ce stade. On dirait que la direction a mis en place un système de patch correctif en réponse au rapport, juste pour éviter le crash total, mais sans vraiment corriger le code source du problème.

A
Anaëlle 29/05/2026 à 07:50

Est-ce que quelqu'un sait si les recommandations d'un cabinet mandaté pour un rapport RPS ont une valeur contraignante pour l'employeur, ou si la direction peut choisir de n'en appliquer qu'une partie ? Je pose la question parce qu'on voit ici que certaines mesures ont été engagées, mais pas toutes, et je me demande ce qui oblige concrètement.

T
Thierry Lebon 29/05/2026 à 07:36

Je me permets une précision pour les lecteurs moins familiers du droit social : un CSE extraordinaire, comme celui mentionné ici, peut effectivement être convoqué à la demande de la majorité des membres ou en cas d'urgence reconnue par l'employeur. Le fait qu'il ait été réuni spécifiquement pour ce rapport RPS montre que la direction a été contrainte d'agir, ce qui est différent d'une démarche volontaire. La nuance est importante pour apprécier la portée réelle des avancées annoncées.

K
KékéSurf 29/05/2026 à 07:26

Six procédures de licenciement contre le même mec. Six.

R
Roselyne 29/05/2026 à 07:15

Moin lé un peu loin de tout ça ici à Salazie, mais je connais des familles dont les maris travaillent dans ce secteur. C'est pas un métier facile, et voir que les gens refusaient de faire leurs entretiens par peur de représailles, ça fait mal à lire.

J
JeanFrak 29/05/2026 à 07:01

Sujet éloigné de mon domaine, mais ce que ça dit sur la gouvernance d'entreprise dans les territoires ultramarins m'interpelle. On construit des structures organisationnelles aussi bancales que certains bâtiments qu'on m'a demandé de rénover, et on s'étonne ensuite que ça craque de partout.