La FSU Territoriale a déposé un préavis de grève national couvrant l'ensemble des journées du 1er au 30 septembre 2026, de 0 heure à 24 heures, pour tous les agents de la fonction publique territoriale. Le syndicat appelle à une journée nationale de grève et de manifestation le 29 septembre, à l'initiative de l'intersyndicale Fonction publique.
Dans un courrier adressé au ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, la FSU Territoriale justifie cette mobilisation par la dégradation des conditions salariales et de travail. Elle rappelle le rôle des agents territoriaux lors des épisodes de fortes chaleurs et des incendies de l'été, estimant qu'ils ont été « en première ligne » pour maintenir les services publics et accompagner les populations vulnérables.
Le pouvoir d'achat est au cœur des revendications. La FSU dénonce le gel du point d'indice et l'absence de revalorisation salariale. Depuis la revalorisation du Smic au 1er juin, plus de 850 000 fonctionnaires auraient un traitement indiciaire inférieur au salaire minimum, selon le syndicat. Il critique également les mesures en vigueur sur les congés maladie et le temps partiel thérapeutique.
Parmi les demandes formulées : une hausse de 20 % de la valeur du point d'indice, l'attribution de 80 points d'indice à tous les échelons, la suppression du jour de carence, l'abrogation des mesures sur les arrêts maladie et le temps partiel thérapeutique, et des recrutements supplémentaires. La FSU réclame aussi un plan de « déprécarisation » pour les agents contractuels, qu'elle évalue à 25 % des effectifs. Elle dénonce par ailleurs une « ponction de 5 milliards d'euros » sur le budget des collectivités en 2026 et demande que ces revendications soient intégrées aux discussions budgétaires pour 2027.
À La Réunion, la section départementale entend aller au-delà du seul 29 septembre. « Le contexte réunionnais ne peut supporter davantage de restrictions et la FSU 974 se mobilisera au-delà de la seule journée de grève nationale du 29 septembre », prévient Christian Picard, secrétaire départemental de la FSU.


6 commentaires
Le chiffre des 850 000 agents en dessous du Smic mérite quand même d'être contextualisé, parce que la comparaison brute avec le Smic ne tient pas toujours compte des primes et indemnités qui s'ajoutent selon les filières et les grades. Cela dit, sur le fond, le décrochage du point d'indice est réel et il finit par poser des problèmes de recrutement très concrets dans certains métiers territoriaux. Ce que Christian Picard signale sur le contexte réunionnais n'est pas exagéré, les marges de manoeuvre des collectivités ici sont structurellement plus limitées qu'en métropole. La question des 5 milliards de ponction sur les budgets locaux, si elle se confirme dans les arbitrages 2027, va mécaniquement contraindre les capacités d'action des communes, et pas seulement sur la masse salariale.
@Jean-Marc, tu soulèves quelque chose de concret. Moins de budget communal, c'est aussi moins de commandes d'études, moins de maîtrise d'œuvre sur les équipements publics. On pense aux artisans, mais les marchés publics d'architecture et d'ingénierie prennent le même coup. Et paradoxalement, c'est souvent dans ces périodes de restriction que les collectivités font les choix les plus catastrophiques : du cheap, du vite fait, du standard importé qui n'a rien à voir avec le contexte local. Résultat, on reconstruit dans dix ans ce qu'on n'a pas bien pensé aujourd'hui.
5 milliards de ponction sur les collectivités, ça finit forcément sur nos chantiers. Moins de budget communal, moins d'appels d'offres, moins de travail pour les artisans comme moi. On est pas dans la fonction publique mais on subit pareil.
J'ai eu deux agents de mairie dans mon taxi la semaine dernière, ils m'ont dit qu'ils sont tellement à bout que même leurs collègues qui ne grèvent jamais sont partants pour le 29. Paraît que y'a des communes où ils recrutent plus personne depuis deux ans faute de budget. Après, j'entends aussi des gens qui disent que les fonctionnaires ont la sécurité de l'emploi, donc bon, c'est compliqué kosa.
Le gel du point d'indice n'est pas une nouveauté, il dure depuis des années avec quelques rattrapages insuffisants. Ce que la FSU soulève ici rejoint des travaux assez documentés sur la paupérisation progressive des fonctionnaires de catégorie C, qui sont majoritairement des femmes. La mention des agents territoriaux en première ligne lors des canicules et incendies mérite qu'on s'y arrête : on leur demande un engagement de service public réel, sans que la rémunération suive. La section réunionnaise a raison de vouloir aller plus loin que la seule journée nationale, le contexte du péi-la est effectivement particulier.
Ce qui me frappe dans ce préavis, c'est le chiffre des 850 000 agents en dessous du Smic. Dans le privé, si on laissait une situation pareille s'installer, on parlerait de faute de gestion. Les conditions salariales et de travail, ça se dégrade souvent en silence, et un jour ça explose. Le 29 septembre, on verra si la mobilisation est vraiment à la hauteur de la colère.