L'Établissement Public du Port de Commerce de Mayotte (EPPCM) a tenu son premier Conseil d'administration et s'est choisi une direction politique. Zamimou Ahamadi a été élue présidente à l'unanimité des voix exprimées. Mariam Said Kalame a été élue vice-présidente.
Dans son discours d'installation, la nouvelle présidente a situé le contexte de cette transition : « Notre établissement ouvre une nouvelle étape en succédant à la Délégation de Service Public confiée à MCG. Ce passage à un EPIC (Établissement public industriel et commercial) marque un changement de modèle et d'ambition. »
Le Conseil d'administration a accordé à la présidente la délégation nécessaire pour négocier et signer le contrat de travail du futur directeur. Il a aussi défini les délégations confiées à ce directeur pour assurer la gestion opérationnelle de la structure.
Un nouveau Conseil d'administration doit se réunir le 23 août 2026 pour poursuivre ces travaux.


6 commentaires
@Fifi430, tu soulèves le bon point. Ce qui m'intéresse, au-delà de la structure juridique, c'est ce que ça va produire concrètement sur le bâti portuaire. Les ports qu'on laisse trop longtemps sous DSP finissent souvent avec des infrastructures pensées dans l'urgence, des entrepôts fonctionnels mais sans cohérence spatiale, aucune réflexion sur l'insertion urbaine. Marseille a mis vingt ans à récupérer son front de mer, Gênes encore plus. La question que je poserais à Mme Ahamadi : est-ce qu'un volet architectural et paysager est prévu dans ce changement d'ambition, ou on reste sur du pur opérationnel ?
En comparaison avec ce qu'on voit dans d'autres ports régionaux comme Brest ou La Rochelle, la transformation en EPIC c'est souvent une étape intermédiaire avant de chercher des partenariats plus solides. La question c'est de savoir si Mayotte aura les ressources humaines pour faire tourner ça correctement dès le départ.
L'article est court mais l'info est importante. Un port, c'est toujours la porte d'entrée d'un territoire, au sens littéral. Ce que dit la présidente sur le changement d'ambition, ça résonne, parce qu'une infrastructure portuaire bien gérée c'est aussi ce qui conditionne le développement économique local, et indirectement le tourisme. Curieux de voir qui sera nommé directeur, c'est souvent là que se joue vraiment la trajectoire d'un tel établissement.
Moi je lis ça depuis Salazie et je me dis que le port de Mayotte c'est pas vraiment mon monde, mais on voit bien que les grandes décisions se prennent loin de nos cirques. Bon, si ça apporte du mieux pour les domoun là-bas, c'est déjà quelque chose.
Ce type de transition, d'une délégation de service public vers un EPIC, mérite qu'on s'y attarde. C'est un changement de modèle qui dit quelque chose sur la volonté de Mayotte de reprendre le contrôle de ses infrastructures stratégiques, notamment portuaires. On peut rapprocher ça de ce qu'ont vécu certains départements ou collectivités qui ont fait ce même chemin, parfois avec bonheur, parfois avec des difficultés de montée en compétence. Il faudra suivre la constitution de l'équipe direction avec attention.
Petite précision utile : un EPIC et une DSP sont deux outils très différents, et le passage de l'un à l'autre n'est pas anodin sur le plan de la gouvernance. Là, l'EPPCM reprend la main en interne, ce qui implique une responsabilité directe sur la gestion, y compris les risques financiers. La délégation accordée à la présidente pour signer le contrat du futur directeur est une étape classique mais il faudra veiller à ce que les statuts encadrent bien les plafonds de délégation.